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Jacques Audiberti, La fin du monde

« Stupé­fait je m’arrête. Le directeur a son vis­age sévère. Je dur­cis subite­ment le mien et, rapetis­sant les yeux der­rière le bin­ocle, j’essaie de me met­tre en selle. Le front légère­ment de côté, la bouche déportée, je reprends mon argu­men­ta­tion de crétin solen­nel, dans l’éther de l’abstraction affairiste, mais sans oublier de ressen­tir, et à fond, que rien désor­mais ne peut me sauver. Hors du buis­son des lignes famil­ières, soule­vant la pous­sière des con­ve­nances, pointe, çà et là, l’os du diplodocus ou la manette des cap­i­tales futures. Tout en par­lant, je m’apprête à subir quelques assom­mades. Elle vien­dra d’où ? Je con­tracte les mus­cles du cou. Ce qui me tombe dessus, c’est un gazouille­ment. Mr Plu­vier rit. Il rit comme un plu­vier dans le cré­pus­cule, un brin de lavande planté droit dans sa légion d’honneur… »

 

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