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Archives du May, 2010

Edmond Jabès, la page blanche

« Elle porte le même nom que ses soeurs nées de la blessure des branches et dont on peut lire, en trans­parence, le des­tin. Elle a de l’aile, la légèreté utile. Promise à l’écrivain, tant d’aveux inspirés la sépar­ent de lui, qu’à peine approchée, elle est, déjà, l’épreuve d’un amour perdu. »    



Lionel Bourg, Fragment d’un livre d’amour

« Même endeuil­lée, terne, éteinte, La bruyère sur le talus m’escorte avec l’exquise déli­catesse des fleurs exténuées Elle est belle de sa las­si­tude, tenace de son désir. En elle, par-delà la détresse. c’est un  bon­heur qui sans frémir patiente tan­dis que nous trem­blons, ô trem­blons, mon amour. »    



Constantin Cavafy, Si loin

«  J’aurai voulu évoquer ce sou­venir, mais voilà il est presque totale­ment effacé, il n’en reste presque rien c’est si loin : là tout au fond des années de mon ado­les­cence.   Une peau comme jas­min… Août, c’était en Août un soir… Était-ce en Août ? Je me sou­viens à peine des yeux ; ils […]



René Guy Cadou, du naufrage

« …Il est préférable de ne pas chercher à pénétrer trop pro­fond dans ma vie, der­rière le clapo­tis des yeux il y a trop de naufrages, trop de vagues refer­mées sur des bour­geons naissants ».  



Anna Akhmatova, A la mort

« Tôt ou tard tu vien­dras  —  pourquoi pas main­tenant ? Je suis en grand mal­heur et je t’appelle. ma lumière est éteinte, mon por­trait est béant  —   Pour toi si sim­ple et si belle. Tu peux pren­dre la forme qui te con­vient : flèche empoi­son­née, trouant le vide, ban­dit, assomme-moi sur le chemin. Emporte-moi fièvre typhoïde. Ou […]