Banner
Yves Le Manach, Le « fritisme »

Le « fritisme », frites, trib­al­isme et iden­tité; Yves Le Man­ach, Ed La dig­i­tale, 2004.

« Le fritisme » ? Quel est donc ce con­cept culi­naire ? Cet ouvrage va élucider ce mys­tère à la suite d’Yves Le Man­ach qui nous pro­pose une nou­velle inves­ti­ga­tion, après la quête d’une coïn­ci­dence poé­tique sur la notion d’« Éternité » (Cor­bière, Rim­baud, Blan­qui), il nous rap­pelle par le menu une vérité cru­elle : Les mythes nationaux sont pour la plu­part basés sur des fausses croy­ances. Ainsi, l’origine de la pré­pa­ra­tion culi­naire qui per­met d’obtenir des « frites »  com­muné­ment attribuée à la Bel­gique fait par­tie de ces mys­ti­fi­ca­tions nationales. Notre enquê­teur bre­ton ne s’arrête devant aucun écueil, il se col­tine les con­tra­dic­tions des plus illus­tres intel­lectuels de sa patrie d’adoption, il dénonce l’amer pou­voir de la dite croy­ance national (« le fritisme ») qui obscurcit la lucid­ité d’aucuns, le sens esthé­tique des autres.

« Évoquer une idéolo­gie de la frite n’est saugrenu qu’en apparence si l’on se sou­vient que la pomme de terre ne pu s’imposer que parce que les élites - Par­men­tier en tête — lut­tèrent con­tre les châ­taignes. Les libéraux, fana­tiques de pro­grès et de morales, trou­vèrent à leur tour intolérable que des pop­u­la­tions puis­sent vivre des fruits d’un arbre. Une mys­tique du tra­vail pre­nait corps qui rendait insup­port­able l’idée que l’on puisse manger autrement qu’à la sueur de son front. »

Cette « quête de l’absurde » d’Yves Le Man­ach m’a tou­jours réjoui, il entraîne le dis­cours des beaux rhé­toriqueurs jusqu’au para­doxe, il invite leurs pen­sées juste un peu plus loin et pousse leur  logique à son terme. En abor­dant les sujets (« nation­al­isme », poli­tique, tra­vail, His­toire, étymolo­gie…) « de tra­vers », par une approche décalée, inat­ten­due, sur­prenante, l’auteur tisse sa toile con­tre la bêtise : « L’humour est basé sur des chaînons man­quants » (Mels Brooks)

Ses textes sont parsemés de pen­sées per­son­nelles, de digres­sions créant ainsi une matière orig­i­nale, intel­li­gente et « humoresque ».

Partager :
  • del.icio.us
  • Facebook
  • email
  • Netvibes
  • Twitter
Classé dans