CorÂbière, RimÂbaud, BlanÂqui & L’Eternité, Yves le ManÂach, Ed La DigÂiÂtale, 2001
Sorte de petite fanÂtaisie mi-fictionnelle, mi-journalistique, cet ouvrage posÂtule dans un preÂmier temps à la renÂconÂtre opporÂtune et parisiÂenne entre RimÂbaud et CorÂbière où au « En fumée elle est donc chasÂsée / L’Eternité, la traÂverÂsée / Qui fit de Vous ma sÅ“ur d’un jour / Ma sÅ“ur d’Amour » du secÂond répondrait le célèbre « Elle est retrouÂvée. / Quoi ? – L’Eternité. / C’est la mer allée / avec le soleil » du preÂmier. Mais la preÂmière secÂtion de l’ouvrage s’achève sur un senÂtiÂment d’échec, rien n’a pu être démonÂtré de ce téleÂscoÂpage poéÂtique. Alors l’auteur, ne s’avouant nulleÂment vaincu, introÂduit une Å“uvre tierce dans l’équation « L’éternité dans les astres » d’Auguste Blanqui.
En effet, BlanÂqui,  enfermé au fort du TauÂreau sur les ordres de Thiers à la veille de la ComÂmune, reste penÂdant six mois, à proxÂimÂité de Roscoff où habite alors CorÂbière. L’enquête s’achève sur cette proxÂimÂité spaÂtiale des penÂsées poéÂtiques, Yves Le ManÂach susÂpend son invesÂtiÂgaÂtion en restant sur cette improbÂaÂble coïnÂciÂdence et il appelle « l’essence secrète de la poésie » pour ultime explication…
J’aime bien chez Le ManÂach cette capacÂité à relier les choses (penÂsées, auteurs, mots, évèneÂments), à les inviter les uns vers les autres, à juxÂtaÂposer les démarches, les volonÂtés dans une sorte de grand « caramÂboÂlage » maliÂcieux. Il nous colÂtine au quoÂtiÂdien de ses lecÂtures et de ses renÂconÂtres pour en faire un comÂmenÂtaire incisif et souÂvent drôle.
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