Ecrit en fumant du belge / Ivar Ch’vavar / Ed Pierre Mainard / 2 – 913751-06 – 7 / 2001
CueilÂlis que nous sommes par son Ă©criÂtÂure « picardisĂ©e », l’auteur nous amène par le biais de son texte Ă nous enquĂ©rir un peu plus prĂ©ÂcisĂ©Âment de sa perÂsonne. Nous apprenons pĂŞle-mĂŞle qu’Ivar Ch’vavar (= « Ivar le crabe » en picard) est le traÂducÂteur de nomÂbreux textes litÂtĂ©raires en picard (Alain-Fournier, RimÂbaud, Emily DickÂinÂson, Jules Renard, William ShakeÂspeare, Paol Keineg), qu’il a créé une revue « Le jardin ouvrier » entre 1995 et 2003 dans laqueÂlle conÂtribuèrent entre autres Lucien Suel, StĂ©phane BatÂsal, Jean-Hubert B., Christophe Tarkos, Charles PenÂnequin, Olivier Domerg, Nathalie QuinÂtane et qu’il a Ă©crit de nomÂbreux textes par la voix de ses 111 hĂ©tĂ©ronymes.
Dans le jeu entre le texte et le lecteur, l’abord de cette prose dĂ©sarÂticÂulĂ©e provoque un regain d’attention, sa lecÂture est rythÂmĂ©e par une matière rugueuse. Les enjeux de cette dĂ©marche se situent entre la langue et l’écriture, entre la parole et la main.
« Il y a seuleÂment un organe, un organÂisme voire sans intelÂliÂgence derÂrière lui, qui voit quelque chose est lui / ça c’est sĂ»reÂment loin très de la pitiĂ© tenÂdre, de molle pitiĂ© la de / veule qui veut…Mais c’est de la pitiĂ© immĂ©ÂdiÂate, brute, pitiĂ© de la horÂriÂfiĂ© et scandalisĂ©e,… ».
La matière pornographique prend peu Ă peu sa place dans ce petit traitĂ©. Elle semÂble naĂ®tre de l’anecdotique, du cirÂconÂstanÂciĂ© puis finaleÂment s’y installe.
J’ai apprĂ©ÂciĂ© ce texte et sa manière, cette langue un peu Ă©tonÂnante mais « riche en bouche » comme on dirait d’un vin.
