Banner
Stephan Zweig, la confusion des sentiments

Stephan Zweig / la con­fu­sion des sen­ti­ments / Seuil / 978 – 2253061434

Ma pra­tique de Zweig est plus que con­testable. Je dirais qu’il fait par­tie de ces vain­cus de l’unanimisme, cette mal­adie de groupe qui touche cer­tains textes ou auteurs à tel point qu’on ne leur octroie pas l’attention, ni même la patience qui leur sont néces­saire (juste par bêtise). Bref, Zweig est comme l’envers de l’auteur mau­dit, cet auteur presque inconnu, un peu torve, un peu déplacé que l’on chérit, lui est reconnu, respecté, impec­ca­ble, il est exem­plaire et pos­sède tant de qual­ités qu’on a finale­ment du mal à désirer vaguer dans cet imag­i­naire, ce sen­tier que l’on croit trop partagé.

Mais était-ce là un air du temps ? Un air de gens ? Je ne saurais le dire. J’y suis finale­ment entré, je me suis glissé avec plaisir dans ce récit d’apprentissage : « le jeune homme et la pas­sion », dans ce mou­ve­ment rétro­spec­tif qui essaie de saisir après coup la com­plex­ité d’un instant, la com­plex­ité d’un sen­ti­ment qui ne tenait finale­ment qu’à l’aveuglement de l’un par l’autre…de l’élève par le maître…et réciproquement.

Dans cette effu­sion des sen­ti­ments, l’esprit se laisse entrainer par les ressacs des uns et des autres, il se laisse per­dre un peu, puis finale­ment con­sent de ne point avoir com­pris le galop silen­cieux des sen­ti­ments inavouables. Zweig tisse sa toile avec finesse, déroute, détourne pour finale­ment laisser le lecteur là où il voulait aller mais …sans armes, saisi.

 

 

 

 

 

Partager :
  • del.icio.us
  • Facebook
  • email
  • Netvibes
  • Twitter
Classé dans